
En Australie, les effets cumulés sur deux siècles du choc colonial, de l’injustice sociale et du racisme quotidien ont produit statistiquement et émotionnellement l’équivalent d’un désastre de guerre sur les Aborigènes ", écrit Barbara Glowczewski. Ici, l’anthropologue fouille dans le désastre à la manière d’un Truman Capote, auscultant la mort brutale, pendant une garde à vue en 2004, de Mulrunji, un Aborigène de Palm Island, ancienne réserve au large de Townsville, dans le Queensland. Cette fois, les Aborigènes et notamment Lex Wotton qui a apporté sa contribution au livre, se sont dressés pour la justice sociale et la paix. Le policier au cœur du drame, grâce à une longue campagne et deux années d’enquête, a été déclaré responsable de cette mort. Mais, au terme des évènements que Barbara Glowczewski reconstitue, témoignage après témoignage, image vidéo après image, le policier sera finalement relaxé par un jury entièrement blanc. Lex Wotton, pour avoir participé au mouvement d’indignation, risque, lui, la prison à vie...
p.61 – II.- Forme culturelle australoïde (vieille-australienne, dite aussi Cycle du Boumerang).
Armement.- Comme le nom de cette forme culturelle l’indique, le boumerang (fig.157 à 158) en est l’arme la plus caractéristique. Le boumerang se rencontre dans toute l’Australie, en Amérique du Sud, en Californie et dans la région des Pueblos, chez certains Algonquins, dans la région du Nil jusque sur le plateau éthiopien, et dans le centre de l’Afrique. La multipointe de jet (fig. 169 à 181), qui règne dans cette dernière région, en apparaît certainement dérivée. Il faut cependant remarquer que l’Australie connaît physiologiquement deux sortes de boumerangs, celui à trajectoire somme toute droite (pseudo-boumerang) et celui à trajectoire incurvée (le boumerang revenant vers celui qui l’a projeté), et que cette dernière performance, due au gauchissement en hélice du boumerang, ne se trouve qu’en Australie ; la trouvaille de ce fonctionnement possible d’un bois coudé est donc peut-être due au complexe spécifiquement australien de cette forme culturelle. Des massues, de choc ou de jet, présentant plus ou moins nettement une forme en faucille sont en connexion génétique avec le boumerang et relèvent de la même culture. En dehors de l’Afrique qui connaît le fer, la sagaie est de bois, de corne, ou munie d’un éclat de pierre. Une arme défensive, tout aussi représentative de cette culture quoique poins répandue, est le bâton pare-bottes ou bouclier-bâton, première ébauche du bouclier : il consiste seulement en un bâton muni au centre, d’une plaque garde-main (fig.211 à 219). Ce bâton se trouve, pour ainsi dire identique, en Australie et sur le Haut-Nil, et il des analogues en Afrique orientale et méridionale. Quant au propulseur qu’on trouve en de très nombreux points de l’Australie, il semble avoir été introduit dans ce continent avec d’autres éléments de la culture totémique et c’est à propos de cette culture que le propulseur sera pris en considération.
p. 195 Cycle Paléo-Méditterranoïde – XXI.- Les cultures de l’Occident. Rameau culturel tardif. p. 198 Arment.- A part l’élément qui sera cité incessamment, la culture antique, n’offre rien de nouveau, en principe, en fait d’armement. Et le boumerang, qu’on peut être étonné, au premier moment, de rencontrer en Egypte, n’est qu’un pseudo-boumerang (voir p. 392), de sorte qu’il ne peut guère être question que ce soit l’Egypte qui ait transmis le boumerang réversible à la culture australienne.
p. 368
L’Armement – Les armes en général.
L’arme est un des plus anciens instruments de l’Homme. On peut théoriquement concevoir qu’elle ait été précédée d’outils ne servant pas à la lutte, tels que des bâtons pour abattre les fruits, pour fouiller la terre ; mais l’arme, sous la forme de la grosse pierre taillée en forme d’amande, dite « coup-de-poing », datant des époques préhistoriques chelléenne et pre-chelléenne, est tout cas l’instrument le plus antique qui se soit conservé jusqu’à nous. Le seul matériel, artificiellement construit, qui doive être admis comme antérieur à l’arme est celui servant à l’habitation, puisque que le règne animal en offre déjà maint exemple.
L’immense multitude des genres d’armes et des formes pour chacun de ces genres, nécessite une classification. Quelque tentants que semblent être pour l’ethnologue un classement en armes de chasse et en arme de guerre, et la solution d’emblée du problème de savoir si la paix (avec la chasse) a précédé la guerre ou vice-versa, le fait que la même arme ou des variétés très proches ont servi aux deux usages oblige à une autre répartition. La plus pratique est celle qui divise les armes offensives et en défensives. Les armes offensives ont précédé les défensives, car on ne peut taxer d’arme défensive un abri, même artificiel.
Par ailleurs, les armes offensives offrent une variétés beaucoup plus grande que les défensives. Enfin, sauf le bouclier parmi les défensives, les armes offensives sont beaucoup plus importantes pour la détermination de connexions culturelles.
Les armes offensives sont à diviser en armes de choc, pour le combat proche, et en armes de jet, pour le combat à distance.
C’est en relation avec la différenciation que peut se poser le problème de l’antériorité de la paix ou de la guerre. On doit reconnaître qu’à l’origine les armes de jet sont plutôt des armes de chasse, tandis que les armes de choc sont plutôt des armes de guerre. D’autre part, les Pygmées ont comme arme pour ainsi dire exclusive l’arc, et les Australiens comme arme caractéristique le boumerang, tous deux des armes de jet. Or, l’école ethnologique de Mödling, admettant que les Pygmées possèdent la plus vieille culture et les Australiens une des plus anciennes après celle des Pygmées, veut que les armes de jet – et la chasse, c’est-à-dire la paix – aient précédé les armes de choc – c’est-à-dire la guerre. Sans discuter ici la question de l’antériorité de la culture pygmoïde (voir l’arc p.414), une simple considération des faits préhistoriques ruine cette hypothèse ou du moins les considérants sur lesquels elle est bâtie : le coup-de-poing chelléen est non seulement l’arme la plus ancienne qui nous ait été transmise, mais il est incontestable que, dans son état le plus fruste, il a dû précéder l’arc ou le boumerang, ou la fronde, ou le propulseur.
Ces armes de jet nécessitent un raisonnement et une construction complexe , tandis que l’on a tous les degrés entre la pierre ou le bâton tenus à la main et ces intentionnellement modifiés. Certes, des produits naturels, tels que cailloux, branches d’arbre, fruits durs, ont été utilisés dès l’origine comme arme de jet (on sait que des troupes de singes accablent à l’occasion, du haut des arbres, leur adversaire avec des noix de coco), mais il n’y a pas de transitions si graduelles entre ces produits jetés et les armes de jet, comme il y en a entre ces mêmes produits et les armes de choc. Tout en convenant donc que l’utilisation d’armes naturelles de choc et de jet a été à l’origine quasi simultanée, on dira que l’arme fabriquée de choc a précédé l’arme de jet.
Les armes de choc peuvent être subdivisées en 3 groupes :
les armes de coup : le bâton et la massue, la hache et le pic ;
les armes à main : le poignard et le coutelas, l’épée et le sabre ;
les armes d’hast, c’est-à-dire dont la pointe est fixée sur une longue hampe : la lance avec ses dérivés. (On parle volontiers d’armes d’estoc pour désigner celles qui frappent par leur pointe, par opposition aux armes de taille qui frappent par leur tranchant, mais ce principe laisse à désirer pour une classification, puisque certaines armes servent couramment aux deux fins.)
Les armes de jet se subdivisent en 2 groupes.
Les armes de jet à la main sont : le bâton et la massue de jet, la hache de jet, le coutelas de jet, le javelot et la sagaie, le boumerang, la multipointe de jet, le harpon (pour la chasse).
Les armes de jet par engin relèvent de 3 principes : projection par un bras artificiel : la fronde et le propulseur ; projection par un bois faisant ressort : l’arc ; projection par pression de l’air : la sarbacane.
Ce sont ces armes offensives qui sont les plus importantes pour l’ethnologue. D’autres jouent un moindre rôle, soit parce que ce sont des armes d’occasion ou de fantaisie, c’est-à-dire d’intérêt local, soit parce que ce sont des armes d’origine moderne. Comme arme d’intérêt local, on peut compter : le fouet et le fléau de guerre, le coup de poing pyramidal de Chine, l’arme féminine qu’est la griffe de fer chez certaines tribus du Congo (chez les Mobali, sur l’Aruwimi, par exemple), les disques tranchants qu’à révélés la préhistoire, le lasso et les bolas (voir ces deux termes p. 233) ; des armes ethnologiquement modernes sont : l’arbalète, dérivée de l’arc, les machines de guerre, qu’elles soient de jet comme la catapulte qui dérive de l’arbalète, ou de choc comme les chars à faux, enfin toutes les armes à feu.
La différence entre armes de choc et armes de jet n’est, d’autre part, pas parfaitement tranchée : non seulement certaines formes de poignards, le bâton, la massue, la hache peuvent être lancés ; la véritable lance, longue de deux à quatre mètres, sera à l’occasion efficacement projetée à une trentaine de mètres par les guerriers de population comme celles de la majeure partie de l’Ethiopie qui ne connaissent ni l’arc, ni même la sagaie. Cette dernière, intermédiaire entre le javelot et la lance comme grandeur, est une véritable arme de jet ; cependant, elle devra être étudiée avec la lance, n’étant, morphologiquement, qu’une lance de dimensions réduites. Le javelot n’est, lui, à son tour, qu’une petite sagaie.
Comme armes défensives, on a des doigtiers d’archer, des brassards, des bâtons servant à parer, des arcs maniés dans le même but (bâtons et arcs qui sont les premiers termes du bouclier), des cuirasses, des casques, la plus importante de ces armes pour l’ethnologue étant le bouclier.
Il est clair que les armes se sont développées et perfectionnées peu à peu. Pour suivre les étapes de ce développement, les vues dictées par simple raisonnement devront être soutenues par la considération de ce que fournissent les données de la préhistoire et de l’ethnographie moderne. O, verra, à propos de chaque arme, le passage de certaines formes à d’autres formes en préhistoire, tout le processus d’évolution étant dominé par le passage de la pierre et de l’os au métal. C’est par rapport à ce changement de matériel que la préhistoire nous fournit les indications les plus précieuses. Malheureusement, plus haut dans le temps, ses données sont très incertaines, parce que très fragmentaires. Si l’on veut être renseigné sur la succession dans laquelle sont peut-être apparues les premières armes, il faut s’adresser aux civilisations les plus primitives et là où ces civilisations n’ont pas été en contact avec le métal. Ces contrées sont l’Océanie et l’Amérique. On se souviendra cependant qu’en Amérique la compacité de ce double continent a mêlé les divers cycles culturels et leurs éléments à un point qui rend leur dissociation malaisée – cela dit en outre du fait que l’on n’est pas toujours au clair sur ce qui peut être considéré en Amérique comme autochtone ou importé. On se remémorera d’autre part que les pays à métal hébergent une civilisation extrêmement primitive, celle des Pygmées. Tout en tenant compte que les données contradictoires, au point de vue des armes, de la culture pygmoïde, on s’appuiera surtout sur le tableau que fournissent les cultures océaniennes, aux domaines relativement distincts et au bagage successivement progressif. La culture tasmanoïde, dont la primitivité est manifeste, ne connaissait que des armes grossières : un couteau de pierre brutalement taillé (les pierres ont grosso modo l’aspect de lames), une massue pour ainsi dire naturelle, un épieu appointi comme lance. La culture pygmanoïde, parallèle quant à la primitivité, présente cette discordance de posséder une arme aussi « avancé » relativement que l’arc, à l’exclusion pratique de toute autre arme. Le dernier mot, quant à l’origine de cet élément chez eux n’a peut-être cependant pas encore été dit (voir l’arc p.415-416). Si l’on revient à l’Océanie, la deuxième culture en ancienneté, culture australoïde propre, dite du Boumerang, présente déjà, par rapport à la tasmanienne, des armes qui exigent autre chose qu’un rudiment d’apprêt. Ce sont des pierres, non pas pauvrement taillées, mais avec des formes intentionnelles telles que des dents de scie, ce sont des lances munies de pointes de pierre. La hache offre une gamme très étendue quant à sa préparation allant de l’éclat grossier à la pierre retouchée et même à la pierre polie (mais elle rappelle grosso modo les coups-de-poing) ; le manche de la hache est fréquemment fait d’un osier replié sur lui-même, enserrant la base de la pierre entre les deux branches ; mais la hache australienne la plus caractéristique est celle dont le manche et la pierre sont maintenus ensemble par un épais et dur mastic de résine ; des armes plus réduites en dimension, telles que des poignards, n’ont même pour tout manche que c seul paquet de résine (le propulseur de la figure 183 a aussi une poignée de résine). La culture australoïde possède une série de massue différenciées ; de dimensions restreintes, les unes sont pour le jet, d’autres pour le choc ; la forme de massue en épée, droite, avec des tranchants et une pointe quelquefois, est typique pour ce cycle. Une autre forme de massue est la massue en faucille et celle-ci est particulièrement importante, parce qu’elle représente le premier stade de l’arme produite par le même cycle, le boumerang, qui a précisément donné son nom au complexe culturel. Comme arme de défense, on trouve le bouclier-bâton. Le troisième cycle culturel ou cycle du Totem, qui occupe certaines îles périphériques de la Papouasie orientale ainsi que certains districts périphériques de la Nouvelle-Guinée orientale, et s’est superposé à la civilisation du Boumerang dans l’Australie centro-occidental, a comme armes spéciales, en outre de la lance munie d’une pointe de pierre : la lance à barbelures, dont la pointe est naturellement de bois ou d’os, la hache à pierre mortaisée dans le manche, et surtout, le propulseur. Le quatrième cycle culturel, cycle des Masques ou des Deux-classes, qui recouvre l’Est de la Nouvelle-Guinée et les îles mélanésiennes, et s’est superposé aux civilisations du Boumerang et du Totem dans l’Australie orientale, à des lances à barbelures plus compliquées, affixées, la massue à grosse tête que cette tête soit due à l’épaississement du bois ou au montage d’une pierre (parfois en forme d’étoile, dite « morgenstern »), la hache régulièrement polie, la fronde, et comme arme particulièrement typique le bouclier large. Le bouclier marge manque aussi bien aux cycles précédents qu’aux suivants. Il faut enfin mentionner que c’est dans ce cycle qu’apparaît l’arc musical (idiocorde) qui a précédé l’arc de guerre en Océanie. On retiendra que, tandis que les armes du cycle du Totem sont des armes d’estoc et d’hast, celle du cycle des Deux classes sont avant tout des armes de coup. On retiendra surtout que les quatre cultures précitées, lesquelles correspondent grosso modo à ce que sont l’éolithique et le paléolithique en préhistoire, ignorait l’arc de guerre. La civilisation cinquième, cycle de l’Arc de guerre, s’observe clairement superposée aux deux civilisations précédentes, dans la zone allongée d’Ouest en Est que représente la Papouasie (la Nouvelle-Guinée en entier et les îles de la Mélanésie). L’arme essentielle de ce cycle est donc l’arc de guerre, à savoir l’arc de guerre, à savoir l’arc plat. Il est accompagné, en Nouvelle-Guinée, par le bouclier d’archer (suspendu à l’épaule et ne se portant pas à la main), ainsi que par la hache à gaine intermédiaire. La culture sixième ou cycle polynésien (cycle austronésoïde si l’on ne tient pas compte que de la Polynésie), qu’on pourrait appeler cycle de la Hache à manche coudé, est caractérisée par cette arme-outil. La pierre de la hache a des faces plus anguleuses que dans les cycles précédents. L’arc, lorsqu’il existe, est l’arc simple, servant au sport seulement. Si la lance est encore présente, de même que la fronde et des massues plates, on ne rencontre plus d’arc de guerre, n de bouclier. Ce cycle culturel est presqu’un cycle désarmé, et cela doit être une manifestation secondaire, à mettre sur le compte de la dispersion de la population sur des îles lointaines, le principal effort de celle-ci portant sur la navigation (la pauvreté en armes n’empêchait cependant pas les luttes interpolynésiennes). Le cycle polynésien est celui qio correspond en quelque manière à celui du Soudan, en Afrique, mais, comme la métallurgie est ici intervenue, ainsi qu’en Asie, les conditions en sont bouleversées pour ce qui concerne la comparaison des armes. Avec les cycles matriarcaux, le cycle polynésien répond au Néolithique floride en préhistoire. Néolithique et Polynésien marquent la fin des armes non métalliques. Nulle part, la délimitation de cycles étagés les uns sur les autres ne se laisse opérer comme en Océanie. C’est pourquoi il était utile de reproduire ici ce qui a trait à l’armement des 6 cycles qui s’y laissent reconnaître. C’est à partir de cet état de fait qu’on peut tenter de raccorder – d’assimiler ou simplement de mettre en parallèle – les cycles sans métaux, d’une part avec les cycles à métaux (naturellement actuels ou récents), d’autre part avec les cycles sans métaux de la préhistoire. Pour l’armement des autres cycles culturels, nous renvoyons à la rubrique Armement de chaque cycle.

19-20 Mai, Frankfurt
26-27 mai 2012
2 Juin - longue distance de nuit et de jour, les 50 ans de Uwe Kitzberger !
22-24 juin
30 juin & 1er juillet, Kestenholz
28-29 juillet, Dargow
Eté 2012Vitesse :
21.25s secondes
Loofy Boiteux
Endurance :
47 catchs
Sébastien Guiheux
Aussie :
78 points / 100
Thibaut Bouc
MTA :
41.03 secondes
Thomas Coiscault
Précision :
84 points / 100
Thibaut Bouc & Lilian Saint-Gaudin
Acro’ :
82 points / 100
Sébastien Guiheux
Distance :
130 mètres
Laurent Garnier